“Lu pour vous” de l’été

Dans cette rubrique, les adhérents retrouvent chaque mois une sélection d’articles parus fraîchement ainsi qu’un article “à la une” détaillé et commenté !

 

Voici le “lu pour vous” de l’été.

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ICU Structure Variation and Implications for Early Mobilization Practices: An International Survey.

Bakhru et al. Ann Am Thorac Soc. 2016 Jun 7. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une enquête téléphonique menée auprès de 951 unités de réanimation en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis, visant à évaluer les caractéristiques organisationnelles favorisant la mise en œuvre d’une mobilisation précoce. La plupart des unités interrogées (67%) étaient des unités mixtes médico-chirurgicales. Les pratiques variaient selon les pays, avec une mobilisation précoce réalisée dans 40% des centres français, 59% des centres allemands, 52% des centres au Royaume-Uni, et 45% des centres aux États-Unis. La mise en œuvre d’une mobilisation précoce était significativement associée à un ratio infirmier:patient peu élevé, à la présence d’un kinésithérapeute dédié, à la tenue de réunions pluridisciplinaires, à la détermination d’objectifs quotidiens pour les patients, et au pays. Cette étude met en évidence l’hétérogénéité de structure et d’organisation des unités de réanimation selon les pays, et permet d’identifier certains des facteurs favorisant et/ou limitant la mise en œuvre de la mobilisation précoce dans ce type de services.

 

 

NOUS VOUS PROPOSONS ÉGALEMENT UNE SÉLECTION

DES MEILLEURS ARTICLES DE l’ÉTÉ :

 

  1. Standardized Rehabilitation and Hospital Length of Stay Among Patients With Acute Respiratory Failure: A Randomized Clinical Trial.

Morris et al. JAMA. 2016 Jun 28;315(24):2694-702. doi: 10.1001/jama.2016.7201. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé comparant l’efficacité d’une réhabilitation standardisée (quotidienne et systématique) aux soins courants (en semaine et seulement après prescription médicale) sur la durée moyenne de séjour auprès de patients hospitalisés en réanimation pour une détresse respiratoire aiguë. 300 patients ont été inclus. Le nombre de jours avec kinésithérapie était dans le groupe traitement de 5 [3, 8] jours, contre 1 [0, 8] dans le groupe contrôle. La durée de séjour hospitalier dans chacun des groupes n’était pas significativement différente (respectivement 10 [6, 17] vs. 10 [7, 16] jours ; p=0,41).

 

  1. Minimum standards of clinical practice for physiotherapists working in critical care settings in Australia and New Zealand: A modified Delphi technique.

Skinner et al. Physiother Theory Pract. 2016 Jun 3:1-15. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

 

En Australie et Nouvelle-Zélande (ndlr : comme en France), la formation initiale en kinésithérapie n’a pas vocation à assurer un niveau d’expertise particulier en réanimation. Le « niveau de sortie » des praticiens est donc variable, ce qui mène à des pratiques et des compétences variables elles aussi. Cet article rapporte le processus d’élaboration et les résultats d’un consensus visant à déterminer les compétences « minimales » requises par la pratique de la kinésithérapie de réanimation dans ces deux pays.

 

  1. Safety of Nurse-Led Ambulation for Patients on Venovenous Extracorporeal Membrane Oxygenation.

Boling et al. Prog Transplant. 2016 Jun;26(2):112-6. doi: 10.1177/1526924816640646. Epub 2016 Apr 6. Voir l’abstract.

 

Bien que l’immobilité soit un facteur de risque important de complications multiples, la marche chez des patients sous ECMO ne représente pas un standard de soins dans la plupart des unités de réanimation. Cet article rapporte le cas de 18 patients porteurs d’une ECMO veino-veineuse jugulaire chez qui des techniques de déambulation ont été mises en œuvre. Les auteurs ne rapportent aucun cas de chutes, de décanulations, ou d’autres complications liées à la marche et concluent que la mise en œuvre de déambulation chez des patients sous ECMO est sécuritaire et pourrait potentiellement diminuer le risque de complications liées à l’alitement.

 

  1. Respiratory weakness after mechanical ventilation is associated with one-year mortality – a prospective study. Article en accès libre !

Médrinal et al. Crit Care. 2016 Jul 31;20(1):231. doi: 10.1186/s13054-016-1418-y. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une étude observationnelle visant à évaluer l’association entre la maximal inspiratory pressure (MIP) et la mortalité à 1 an chez des patients intubés et ventilés depuis plus de 24h en situation d’extubation programmée et sans évidence de déficit musculaire préexistant. La MIP a été mesurée chez 124 patients, avec une durée de ventilation mécanique de 7 [4, 10] jours. La moitié d’entre eux avait une MIP<30 cmH2O. Cette MIP basse était indépendamment associée à la mortalité à 1 an (hazard ratio 4,41, 95% CI 1,5 ; 12,9 ; p=0,007) et à l’échec d’extubation (risque relatif 3,0 ; 95% CI 1 – 9,6 ; p=0,03), mais pas au recours à la trachéotomie ni à la durée de séjour en réanimation. Les auteurs concluent que la MIP<30cmH2O, facilement mesurable au lit du patient, est un facteur de risque indépendant de mortalité à long terme chez les patients hospitalisés en réanimation nécessitant de la ventilation mécanique.

 

  1. Teamwork enables high level of early mobilization in critically ill patients. Article en accès libre !

Hickmann et al. Ann Intensive Care. 2016 Dec;6(1):80. doi: 10.1186/s13613-016-0184-y. Epub 2016 Aug 24. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une étude de cohorte visant à démontrer que la mobilisation précoce est faisable et bien tolérée chez une vaste majorité de patients admis en réanimation. Dans le centre en question, 171 patients ont été consécutivement admis sur une durée de deux mois, soit 731 jours-patient. La mobilisation précoce était réalisée dans 86% des jours-patient, et des critères de non-initiation de celle-ci étaient rencontrés dans seulement 3% des cas. La durée médiane entre l’admission et la première session de mobilisation précoce était de 19 [15, 23] heures. Les auteurs concluent de cette étude que la mobilisation précoce est faisable dès les 24 premières heures chez la majorité des patients admis en réanimation, même en présence de ventilation mécanique, d’administration de vasopresseurs ou d’épuration extrarénale.

 

  1. The association of sleep quality, delirium, and sedation status with daily participation in physical therapy in the ICU. Article en accès libre !

Kamdar et al. Crit Care. 2016 Aug 18;19:261. doi: 10.1186/s13054-016-1433-z. Voir l’abstract.

 

Il s’agit de l’analyse secondaire d’une étude observationnelle mono-centrique menée dans une unité de réanimation médicale. Les auteurs ont cherché à déterminer l’impact que pouvait avoir la qualité du sommeil en réanimation sur la participation des patients aux séances de kinésithérapie réalisées le jour suivant. 327 patients ont été inclus dans cette étude. La qualité du sommeil, perçue par les patients et évaluée quotidiennement, n’était pas associée au niveau de participation aux séances de kinésithérapie. En revanche, la présence d’un délirium, l’administration de bolus d’opioïdes, ou la sédation en perfusion continue étaient significativement associées à une moindre participation aux séances de kinésithérapie.

 

  1. Heated, Humidified High-Flow Nasal Cannula vs Nasal Continuous Positive Airway Pressure for Respiratory Distress Syndrome of Prematurity: A Randomized Clinical Noninferiority Trial.

Lavizzari et al. JAMA Pediatr. 2016 Aug 8. doi: 10.1001/jamapediatrics.2016.1243. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une étude de non-infériorité visant à évaluer l’efficacité de l’oxygénothérapie à haut débit nasal comparativement à la ventilation nasale (CPAP ou BiPAP) dans le traitement de la maladie des membranes hyalines. 316 nouveau-nés prématurés ont été inclus dans cette étude et recevaient soit du haut débit nasal (4 à 6 L/min), soit de la ventilation nasale (4 à 6 cmH2O). Le taux d’échec (intubation dans les 72h) était similaire dans les deux groupes (10,8% vs. 9,5% ; p=0,71). La durée de ventilation mécanique, la nécessité de surfactant, les fuites aériennes non intentionnelles, et l’incidence des dysplasies broncho-pulmonaires n’étaient pas significativement différentes selon les groupes. Les auteurs concluent que dans cette étude, le haut débit nasal est aussi efficace et sécuritaire que la CPAP ou BiPAP nasale dans le traitement des maladies des membranes hyalines chez les prématurés âgés de plus de 28 semaines d’aménorrhée.

 

  1. Effect of non-invasive oxygenation strategies in immunocompromised patients with severe acute respiratory failure: a post-hoc analysis of a randomised trial.

Frat et al. Lancet Respir Med. 2016 Aug;4(8):646-52. doi: 10.1016/S2213-2600(16)30093-5. Epub 2016 May 27. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une analyse post-hoc suite à l’étude FLORALI, centrée sur les résultats obtenus chez les patients immunodéprimés. L’étude incluait des patients admis en réanimation pour une détresse respiratoire aiguë hypoxémique, non hypercapniques, randomisés en trois groupes de traitement : oxygénothérapie conventionnelle, oxygénothérapie à haut débit nasal (OHD) et OHD associé à la VNI. Chez les patients immunodéprimés, respectivement 31%, 43% et 65% nécessitaient le recours à l’intubation endotrachéale (p=0,04). L’âge et le recours à la VNI en première intention étaient deux facteurs de risque indépendants d’intubation et de mortalité chez les patients immunodéprimés inclus dans l’étude FLORALI. Les auteurs concluent que chez des patients immunodéprimés en détresse respiratoire aiguë hypoxémique, non hypercapniques, le recours à la VNI est susceptible d’être associé à un risque accru d’intubation et de mortalité et doit être envisagé avec précaution.

 

  1. Automated oxygen titration and weaning with FreeO2 in patients with acute exacerbation of COPD: a pilot randomized trial.

Lellouche et al. Int J Chron Obstruct Pulmon Dis. 2016 Aug 24;11:1983-90. doi: 10.2147/COPD.S112820. eCollection 2016. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé comparant un nouveau dispositif d’administration d’oxygène (FreeO2) à un ajustement manuel du débit d’oxygène chez des patients admis en pneumologie pour une exacerbation de BPCO. L’appareil en question permet un ajustement automatique et continu du débit d’oxygène en fonction des besoins du patient, avec pour objectifs de limiter l’hyperoxie et l’hypoxie, et de faciliter le sevrage en oxygène. 50 patients ont été inclus dans cette étude. Le pourcentage de temps passé dans la cible de SpO2 était significativement plus élevé avec le dispositif évalué. La durée entre l’inclusion et la sortie d’hôpital était de 5,8±4,4 jours avec FreeO2, contre 8,4±6,0 jours avec l’ajustement manuel (p=0,051). Les auteurs concluent que ce nouveau dispositif permet d’augmenter le temps passé dans la cible de SpO2, de diminuer les périodes de désaturation et d’hyperoxie, et pourrait potentiellement permettre de réduire la durée d’hospitalisation chez ce type de patients.

 

  1. In Vitro Comparison of a Vibrating Mesh Nebulizer Operating in Inspiratory Synchronized and Continuous Nebulization Modes During Noninvasive Ventilation.

Michotte et al. J Aerosol Med Pulm Drug Deliv. 2016 Aug;29(4):328-36. doi: 10.1089/jamp.2015.1243. Epub 2016 Jun 16. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une étude visant à comparer in vitro la quantité d’aérosol délivré par un nébuliseur à tamis vibrant au cours d’une ventilation non invasive sur circuit monobranche selon deux modalités : nébulisation continue et nébulisation intermittente synchronisée sur la phase inspiratoire. Quelle que soit la position du nébuliseur, la nébulisation intermittente produisait une fraction inhalable plus élevée que la nébulisation continue (16,8% vs 6,3% de la dose nominale ; p<0,01) et une fraction respirable plus élevée également (15,2% vs. 8,4% ; p<0,01). La perte de produit sur le temps expiratoire était significativement moins élevée (2,7% vs. 42,6% ; p<0,05). La fraction respirable la plus élevée était retrouvée avec le nébuliseur placé entre la fuite expiratoire et le poumon test (48,7±0,3% de la dose nominale).

 

 

Travail réalisé pour la SKR par Mathieu Delorme (mathieu.delorme.pt@gmail.com) et Emilie Bialais (emilie.bialais@uclouvain.be).

 

Les auteurs ont réalisé ce travail en se basant sur le contenu original des articles.

 

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