“Lu pour vous” du mois de septembre

Dans cette rubrique, les adhérents retrouvent chaque mois une sélection d’articles parus fraîchement ainsi qu’un article “à la une” détaillé et commenté !

 

Voici le “lu pour vous” de septembre

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Physical activity increases survival after heart valve surgery.

Lund et al. Heart. 2016 Sep 1;102(17):1388-95. doi: 10.1136/heartjnl-2015-308827. Epub 2016 Apr 7. Voir l’abstract.

Il s’agit d’une étude de cohorte menée auprès de patients opérés d’une chirurgie pour valvulopathie cardiaque. L’analyse menée auprès de 524 patients montre que les patients ayant un niveau d’activité physique modéré ou élevé dans l’année suivant la chirurgie ont un risque de mortalité inférieur aux patients avec un niveau d’activité bas (1% vs. 5,5%, respectivement ; HR : 0,19 IC95% [0,05 – 0,70]). La participation à un programme de réhabilitation cardiaque postopératoire augment la probabilité d’avoir un niveau d’activité modéré ou élevé (OR : 1,52 IC95% [1,03 – 2,24]).


NOUS VOUS PROPOSONS ÉGALEMENT UNE SÉLECTION

DES MEILLEURS ARTICLES DE SEPTEMBRE :

 

  1. Dysfunction of respiratory muscles in critically ill patients on the intensive care unit. Article en accès libre !

Berger et al. J Cachexia Sarcopenia Muscle. 2016 Sep;7(4):403-12. doi: 10.1002/jcsm.12108. Epub 2016 Mar 9. Voir l’abstract.

 

Les auteurs présentent ici une revue de la littérature concernant la faiblesse des muscles respiratoires chez les patients de réanimation et les dysfonctions diaphragmatiques induites par la ventilation (VIDD). Leur physiopathologie est discutée, ainsi que les options diagnostiques actuelles et les éventuelles nouvelles orientations thérapeutiques.

 

  1. Spontaneous Breathing Trials With T-Piece or Pressure Support Ventilation.

Pellegrini et al. Respir Care. 2016 Sep 6. pii: respcare.04816. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une revue systématique de la littérature visant à déterminer quelle modalité de test de ventilation spontanée est préférable dans le sevrage de la ventilation mécanique. Les essais contrôlés randomisés portant sur des sujets adultes en cours de sevrage de la ventilation mécanique ont été inclus. Ces études comparaient le test de ventilation spontanée à la pièce en T à celui en Aide Inspiratoire (AI). Douze études, incluant 2161 sujets, répondaient aux critères d’inclusion. Le niveau de preuve est faible. L’AI est associée à un taux d’échec moindre chez les patients faciles à sevrer. En revanche, chez les sujets dont le sevrage est plus difficile, le test à la pièce en T peut être lié à une durée de sevrage réduite. Une étude plus poussée des sous-groupes « difficiles à sevrer » et « BPCO » est nécessaire.

 

  1. Epidemiology of Weaning Outcome According to a New Definition. The WIND Study.

Béduneau et al. Am J Respir Crit Care Med. 2016 Sep 14. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une étude multicentrique prospective observationnelle dont le but est de mettre en place une nouvelle classification pour les patients en sevrage de la ventilation mécanique. Pendant 3 mois toutes les données de ventilation et de sevrage, de tous les patients sous ventilation mécanique, dans 36 unités de réanimation, ont été collectées. Les patients ont été alors répartis en 4 groupes. 24% des patients n’ont jamais commencé de processus de sevrage, 57% avaient un processus de sevrage de moins de 24 heures (groupe 1), 10% ont eu un sevrage difficile de plus d’un jour et de moins d’une semaine (groupe 2) et 9% avaient une durée de sevrage prolongée d’une semaine ou plus (groupe 3). La durée de la ventilation et de séjour en réanimation, ainsi que la mortalité (6%, 17% et 29% pour chacun des groupes, respectivement) ont significativement augmenté d’un groupe à l’autre. Cette nouvelle classification permet de catégoriser toutes les situations de sevrage. Chaque jour supplémentaire en échec de sevrage augmente la mortalité.

 

  1. Effects of heated and humidified high flow gases during high-intensity constant-load exercise on severe COPD patients with ventilatory limitation.

Cirio et al. Respir Med. 2016 Sep;118:128-32. doi: 10.1016/j.rmed.2016.08.004. Epub 2016 Aug 8. Voir l’abstract.

 

Le haut débit nasal (HFNC) n’a jamais été testé, en termes de capacité d’endurance, chez les patients BPCO sévères stables. Les auteurs ont réalisé une étude croisée randomisée, consistant en 2 tests d’effort, à 75% de la charge maximale,  avec ou sans HFNC. Les 2 tests ont été réalisés à la même FiO2. Le temps d’endurance est significativement augmenté pendant le test sous HFNC par rapport au test contrôle (différence moyenne entre les deux groupes : 109±104 sec ; p<0,015). À iso-temps, le test sous HFNC a montré une meilleure saturation en oxygène (95±3% par rapport à 89±3%, respectivement ; p<0,005), une dyspnée significativement plus faible (médiane de 5,5 vs 10, respectivement ; p=0,002) et un score moindre de fatigue des jambes (médiane de 5 vs 9,5 ; p=0,002) par rapport au test contrôle. Les auteurs concluent que le HFNC peut améliorer la performance à l’exercice des patients BPCO sévères avec limitation ventilatoire.

 

  1. Cough Augmentation Techniques in the Critically Ill: A Canadian National Survey.

Rose et al. Respir Care. 2016 Sep 13. pii: respcare.04775. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une enquête canadienne visant à décrire l’utilisation, les indications, les contre-indications, les interfaces, les paramètres, les complications et les obstacles à l’utilisation des techniques d’aide à la toux : insufflation-exsufflations mécaniques (MI-E), toux assistée manuellement et recrutement de volume pulmonaire. Le taux de réponse au sondage était de 66%. 50% des unités de réanimation utilisaient des techniques d’aide à la toux, avec 64% utilisant MI-E, 68% la toux manuellement assistée, et 79% le recrutement de volume pulmonaire. L’amélioration de l’expectoration est l’indication la plus courante (MI-E, 92% ; toux manuellement assistée, 88% ; recrutement de volume pulmonaire, 76%). Les diagnostics les plus fréquents étaient les maladies neuromusculaires (97%) et les traumatismes spinaux (83%). Le pneumothorax était la contre-indication absolue la plus fréquemment identifiée pour MI-E (93%) et le recrutement de volume pulmonaire (83%) ; la fracture de côte étant la contre-indication la plus fréquente à l’utilisation de la toux manuellement assistée (69%).

 

  1. Patterns of diaphragm function in critically ill patients receiving prolonged mechanical ventilation: a prospective longitudinal study. Article en accès libre !

Demoule et al. Ann Intensive Care. 2016 Dec;6(1):75. doi: 10.1186/s13613-016-0179-8. Epub 2016 Aug 5. Voir l’abstract.

 

Le but de cette étude prospective observationnelle était de décrire l’évolution temporelle de la fonction diaphragmatique des patients sous ventilation mécanique (VM). 43 patients ont été inclus et 79% ont développé une dysfonction diaphragmatique (DD) pendant leur séjour en réanimation : 23 (53%) patients ont présenté une DD à l’initiation de la VM, 11 (26%) pendant le séjour en réanimation, tandis que chez 9 patients (21%) la fonction diaphragmatique est restée intacte. La mortalité était plus élevée chez les patients présentant une DD. Les DD sont observées chez une large majorité des patients ventilés mécaniquement pendant plus de 5 jours.

 

  1. High-Flow Nasal Cannula Oxygenation in Immunocompromised Patients With Acute Hypoxemic Respiratory Failure: A Groupe de Recherche Respiratoire en Réanimation Onco-Hématologique Study.

Lemiale et al. Crit Care Med. 2016 Sep 20. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une analyse post-hoc d’un essai randomisé contrôlé impliquant des patients immunodéprimés en détresse respiratoire hypoxémique. L’objectif était d’évaluer le devenir de ces patients, une fois traités par canules nasales à haut débit (HFNC). Parmi les 374 patients inclus dans l’étude, 353 répondaient aux critères d’inclusion. Pendant leur séjour en réanimation, 127 patients (36%) ont reçu de l’oxygène nasal à haut débit tandis que 226 patients ont reçu de l’oxygène standard. Le traitement par HFNC n’a été associé ni à un taux d’intubation inférieur (hazard ratio, 0,42 ; IC 95%, 0,11 à 1,61 ; p=0,2), ni à une mortalité à 28 jours moindre (hazard ratio, 0,80 ; IC 95%, 0,45 à 1,42 ; p=0,45). Les auteurs concluent que chez les patients immunodéprimés présentant une insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique, le haut débit nasal ne permet pas de diminuer les taux d’intubation ni d’améliorer la survie par rapport à l’oxygénothérapie conventionnelle. Cependant, ces résultats pourraient être dus à une faible puissance statistique ou à des biais inconnus associés à l’analyse post-hoc. Un essai randomisé est nécessaire.

 

  1. Inspiratory muscle training to enhance recovery from mechanical ventilation: a randomised trial. Article en accès libre !

Bissett et al. Thorax. 2016 Sep;71(9):812-9. doi: 10.1136/thoraxjnl-2016-208279. Epub 2016 Jun 2. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’un essai randomisé contrôlé incluant, dans les 48h faisant suite au sevrage de la ventilation mécanique, 70 participants ayant été ventilés plus de 7 jours. Les sujets ont été randomisés pour recevoir ou non, en plus des soins courants, un entraînement quotidien des muscles inspiratoires à raison de 5 jours/semaine, pendant 2 semaines. La force des muscles inspiratoires ainsi que la qualité de vie étaient significativement améliorées dans le groupe entraîné. Une tendance à une mortalité hospitalière plus élevée dans le groupe entraîné a été observée (12% vs 0% ; p=0,051).

 

  1. Exercise intolerance in pulmonary hypertension: mechanism, evaluation and clinical implications.

Babu et al. Expert Rev Respir Med. 2016 Sep;10(9):979-90. doi: 10.1080/17476348.2016.1191353. Epub 2016 Jun 10. Voir l’abstract.

 

Cette revue décrit les bases physiologiques de l’intolérance à exercice chez les patients souffrant d’hypertension pulmonaire (PH), met en évidence les différentes méthodes d’évaluation de l’exercice et examine le rationnel de l’entraînement physique chez ces patients. Avec l’importance croissante de l’évaluation de la capacité d’effort en cas de PH, comprendre pourquoi la performance à l’exercice est modifiée en cas de PH est cruciale.

 

  1. Neuromuscular electrical stimulation acutely mobilizes endothelial progenitor cells in critically ill patients with sepsis. Article en accès libre !

Stefanou et al. Ann Intensive Care. 2016 Dec;6(1):21. doi: 10.1186/s13613-016-0123-y. Epub 2016 Mar 11. Voir l’abstract.

 

Les neuro-myopathies de réanimation sont associées à une dysfonction endothéliale. Le but de cette étude était d’évaluer l’influence de l’électrostimulation neuro-musculaire (NMES) sur le recrutement de précurseurs endothéliaux (ECPs), phénomène intervenant potentiellement dans la régénération endothéliale chez le patient critique. 32 patients en sepsis et sous ventilation mécanique ont été randomisés pour bénéficier de NMES à haute ou basse fréquence. Le recrutement d’EPCs était augmenté après NMES dans les deux groupes. La taille d’effet n’était modifiée ni par le type de protocole utilisé, ni par la sévérité du sepsis. En revanche, l’administration de corticostéroïdes diminuait significativement le recrutement d’EPCs dans chacun des groupes.

 

 

 

Travail réalisé pour la SKR par Mathieu Delorme (mathieu.delorme.pt@gmail.com) et Emilie Bialais (emilie.bialais@uclouvain.be).

 

Les auteurs ont réalisé ce travail en se basant sur le contenu original des articles.

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