“Lu pour vous” de la Saint Valentin

Dans cette rubrique, les adhérents retrouvent chaque mois une sélection d’articles parus fraîchement ainsi qu’un article “à la une” détaillé et commenté !

 

Voici le “lu pour vous” de la Saint Valentin

Chest lu pour vous

POUR ACCÉDER À LA LECTURE DÉTAILLÉE DE CET ARTICLE C’EST ICI !

(Contenu uniquement accessible par les membres de la SKR. Pour obtenir la lecture détaillée, devenez membre !)

Les auteurs ont mené une revue systématique de la littérature pour 1) évaluer l’impact des différents dispositifs technologiques dans la gestion des fuites non intentionnelles ; et 2) déterminer s’il existe des caractéristiques spécifiques aux patients, identifiées comme déterminants des fuites non intentionnelles.  Conclusion : Le masque naso-buccal était associé à des fuites non intentionnelles plus importantes que le masque nasal, bien qu’il soit usuellement installé pour corriger les fuites. Aucun mode de PPC n’est supérieur pour corriger les fuites non intentionnelles. Les facteurs anthropométriques, l’âge, le sexe, l’IMC et la distribution centrale des masses adipeuses pourrait être des facteurs explicatifs de l’apparition des fuites. L’obstruction nasal est un facteur déterminant de la fuite non-intentionnelle.


NOUS VOUS PROPOSONS ÉGALEMENT UNE SÉLECTION

DES MEILLEURS ARTICLES DE CE DÉBUT D’ANNÉE 2017 :

 

  1. Ventilation-induced lung injury exists in spontaneously breathing patients with acute respiratory failure.

YES: Brochard L. Intensive Care Med. 2017 Jan 10. doi: 10.1007/s00134-016-4645-4. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

NO: Antonelli M. Intensive Care Med. 2017 Jan 10. doi: 10.1007/s00134-016-4488-z. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

WE ARE NOT SURE: Gattinoni L. Intensive Care Med. 2017 Jan 10. doi: 10.1007/s00134-016-4483-4. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

Depuis la naissance de la réanimation en 1952 à Copenhague, la ventilation mécanique a universellement démontré qu’elle était un recours permettant de sauver des vies. Néanmoins, il a fallu bon nombre d’années pour se rendre compte que lorsque celle-ci était administrée avec pour seule fin de reproduire la physiologie normale, c’est-à-dire de préserver des échanges gazeux normaux, elle pouvait s’avérer délétère pour les poumons et causer tort au patient. La ventilation dite « protectrice » a alors connu son essor. Depuis quelques années commence à être souligné le fait que ce que l’on connaissait sous le terme de « ventilator induced lung injury » serait le reflet, en grande partie de « ventilation induced lung injury », quelle que soit la façon de respirer. Dans cette édition, le journal Intensive Care Medicine propose une controverse autour de la question suivante : Les lésions pulmonaires induites par la ventilation existent-elles chez les patients en détresse respiratoire aigüe en respiration spontanée ?

 

  1. High-flow warm humidified oxygen versus standard low-flow nasal cannula oxygen for moderate bronchiolitis (HFWHO RCT): an open, phase 4, randomised controlled trial.

Kepreotes et al. Lancet. 2017 Feb 1. pii: S0140-6736(17)30061-2. doi: 10.1016/S0140-6736(17)30061-2. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

La bronchiolite est une infection respiratoire fréquente dont le traitement aigu repose sur une prise en charge de la détresse respiratoire et de l’hypoxie. Le haut débit nasal est susceptible de répondre à cette problématique et les auteurs de cette étude ont donc cherché à évaluer si son utilisation pouvait réduire la durée de sevrage de l’oxygène chez ce type de patients. Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé incluant 202 nourrissons de moins de 2 ans, et comparant le haut débit nasal (1L/min/kg, maximum 20 L/min, et FiO2 max 60%) à l’oxygénothérapie conventionnelle (maximum 2 L/min). La durée médiane de sevrage était de 24h dans le groupe contrôle (95% CI 18-28) et 20h dans le groupe haut débit nasal (95% CI 17-34) (hazard ratio [HR] for difference in survival distributions 0·9 [95% CI 0·7-1·2]; log rank p=0·61). L’échec de traitrement était moins fréquent dans le groupe haut débit nasal que dans le groupe contrôle (14% vs. 33% ; p=0,0016) mais le taux d’admission en réanimation était similaire (respectivement 14% vs. 12% ; p=0,41). Les auteurs concluent que le haut débit nasal ne permet pas de réduire la durée d’oxygénothérapie dans cette population de bronchiolites de sévérité modérée, ce qui suggère que l’utilisation précoce du haut débit nasal ne modifie pas la course de la maladie. Le haut débit nasal est néanmoins susceptible d’avoir une place en tant que « thérapie de secours » permettant de diminuer le recours à des hospitalisations coûteuses en réanimation.

 

  1. Workshop Report: Aerosol Delivery to Spontaneously Breathing Tracheostomized Patients.

Berlinski et al. J Aerosol Med Pulm Drug Deliv. 2017 Jan 11. doi: 10.1089/jamp.2016.1348. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

Le nombre de patients, pédiatriques ou adultes, nécessitant une trachéotomie a augmenté. Leur traitement comporte, pour la plupart d’entre eux, l’administration de thérapies inhalées. Les praticiens sont souvent confrontés à un manque de recommandations quant à l’optimisation de la délivrance de thérapies nébulisées chez ce type de patients. Cet article, issu d’un groupe de travail d’experts, propose une revue sur les données actuelles concernant la nébulisation chez des patients trachéotomisés en ventilation spontanée, accompagnée de recommandations pour la pratique clinique.

 

  1. Physiotherapy management of intensive care unit-acquired weakness. Accès libre !

Hodgson et al. J Physiother. 2017 Jan;63(1):4-10. doi: 10.1016/j.jphys.2016.10.011. Epub 2016 Nov 26. Voir l’abstract.

La neuropathie de réanimation est fréquente chez les patients ventilés pour une période prolongée. L’atrophie et la perte de masse musculaire interviennent dans les heures suivant l’intubation du patient. Le kinésithérapeute joue un rôle important dans la prévention et le traitement de cette situation. La survie après réanimation augmentant, la prise en charge de ces patients en kinésithérapie peut et doit donc intervenir même après la période d’hospitalisation. Cette revue narrative expose le rationnel physiopathologique et les axes de prise en charge en kinésithérapie face à cette problématique quotidienne.

 

  1. Inspiratory muscle training is effective to reduce postoperative pulmonary complications and length of hospital stay: a systematic review and meta-analysis.

Kendall et al. Disabil Rehabil. 2017 Jan 17:1-22. doi: 10.1080/09638288.2016.1277396. [Epub ahead of print]. Voir l’abstract.

Cette revue systématique, accompagnée d’une méta-analyse, évalue l’efficacité du renforcement des muscles inspiratoires sur la durée de séjour et l’incidence des complications respiratoires postopératoires en chirurgie thoracique, abdominale, et cardiaque. 17 essais contrôlés randomisés ont été inclus dans cette analyse. Le renforcement des muscles inspiratoires semble réduire significativement la survenue de complications respiratoires postopératoires (Risk Ratio = 0.50, 95%CI: 0.39, 0.64, I2 = 0.0%), ainsi que la durée de séjour hospitalier (Mean Difference = -1.41, 95%CI: -2.07, -0.75, I2 = 0.0%). Les auteurs concluent de cette analyse que le renforcement des muscles inspiratoires mérite de prendre une place importante dans la prise en charge péri-opératoire, et d’être inclus au sein des programmes de réhabilitation respiratoire que ce soit en pré ou postopératoire. Le bénéfice est susceptible d’être plus important chez les patients âgés, les patients à risque de complications postopératoires, et les patients de chirurgie pulmonaire. L’efficacité de l’entraînement des muscles inspiratoires semble également plus importante lorsqu’il est réalisé sous supervision, sur une période d’au moins deux semaines, avec des séances d’au moins 15 minutes, incluant une augmentation de charge imposée, et accompagné d’autres modalités d’exercice.

 

  1. Coexistence and Impact of Limb Muscle and Diaphragm Weakness at Time of Liberation from Mechanical Ventilation in Medical Intensive Care Unit Patients.

Dres et al. Am J Respir Crit Care Med. 2017 Jan 1;195(1):57-66. doi: 10.1164/rccm.201602-0367OC. Voir l’abstract.

Le but de cette étude était de quantifier la prévalence et la coexistence des faiblesses acquises de réanimation (ICUAW) et des dysfonctions diaphragmatiques acquises sous ventilation mécanique (VIDD).

Les patients sous ventilation mécanique depuis au moins 24h ont été évalués au moment de leur premier test de respiration spontanée. Les dysfonctions diaphragmatiques induites par la ventilation l’ont été par mesure de la pression générée par le diaphragme suite à une stimulation magnétique bilatérale du nerf phrénique. La faiblesse acquise de réanimation a été définie par un score MRC < 48.

76 patients ont été évalués, 63% souffraient de VIDD, 34% d’ICUAW et 21% présentaient les 2 faiblesses. Les VIDD étaient associées à une mortalité aux soins intensifs et hospitalière plus élevée, alors que l’ICUAW était associée à de plus longues durées de ventilation mécanique et de séjour hospitalier.

 

  1. Severe hypercapnia and outcome of mechanically ventilated patients with moderate or severe acute respiratory distress syndrome.

Nin et al. Intensive Care Med. 2017 Feb;43(2):200-208. doi: 10.1007/s00134-016-4611-1. Epub 2017 Jan 20. Voir l’abstract.

Il s’agit d’une analyse de cohorte dont le but était d’évaluer la relation entre l’hypercapnie développée dans les premières 48h après la mise en place de la ventilation mécanique et le devenir des patients atteints de syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Les données ont été récoltées dans 927 unités de soins intensifs, dans 40 pays, chez 1899 patients souffrants de SDRA et sous ventilation mécanique pour plus de 12h, pendant 1 mois en 1998, 2004 et 2010.

La relation entre la PaCO2 maximale pendant les première 48h et la mortalité suggèrent que cette dernière est plus élevée si la PaCO2 est ≥ 50 mmHg. Les patients avec une hypercapnie sévère (≥ 50 mmHg) ont plus de complications, de défaillances d’organes et un moins bon devenir. Après correction, l’hypercapnie sévère a été associée à un risque augmenté de mortalité au soins intensifs (OR=1.93, intervalle de confiance à 95%=1.32 – 2.81, p=0.001).

L’hypercapnie sévère semble donc être indépendamment associée à une mortalité aux soins intensifs plus importante chez les patients souffrants d’ARDS.

 

  1. Use of neuromuscular electrical stimulation to preserve the thickness of abdominal and chest muscles of critically ill patients: A randomized clinical trial. Accès libre !

Dall’Acqua et al. J Rehabil Med. 2017 Jan 19;49(1):40-48. doi: 10.2340/16501977-2168. Voir l’abstract.

Essai randomisé contrôlé, en double aveugle dont le but était d’évaluer et de comparer l’effet de l’électrostimulation, combiné à la kinésithérapie conventionnelle, sur l’épaisseur des muscles thoraciques et abdominaux chez le patient critique. 25 patients, sous ventilation mécanique pour 24 à 48h ont été randomisés en un groupe interventionnel (électrostimulation + kinésithérapie conventionnelle) et un groupe contrôle (électrostimulation placébo + kinésithérapie conventionnelle).

Après l’électrostimulation, l’épaisseur des muscles était préservée alors qu’elle était significativement diminuée dans le groupe contrôle. Il y avait également une durée de séjour significativement réduite dans le groupe électrostimulé par rapport au groupe contrôle.

 

  1. Morning breathing exercises prolong lifespan by improving hyperventilation in people living with respiratory cancer. Accès libre !

Wu et al. Medicine (Baltimore). 2017 Jan;96(2):e5838. doi: 10.1097/MD.0000000000005838. Voir l’abstract.

Etude de cohorte investiguant la survie à long terme de patients souffrant de cancers pulmonaire ou nasopharyngé, pratiquant des exercices respiratoires matinaux journaliers. 102 patients ont été inclus, 76 ont effectués les exercices respiratoires. La durée moyenne de survie était supérieure chez les patients entraînés (9.8± 9.5) par rapport aux patients non entraînés (3.3± 2.8). La survie à 5 ans était de 56.6% chez les sujets entraînés vs 19.6% chez les sujets non entrainés. 18 patients entraînés (40.9%) vs 20 patients non entraînés (74.1%) ont développé de nouvelles métastases (RR= 0.315, 95%CI = 0.108 – 0.919, p=0.031).

Les exercices respiratoires matinaux peuvent avoir un effet bénéfique sur la survie à long terme des patients souffrant de cancers pulmonaire ou nasopharyngé, du fait d’une amélioration de l’hyperventilation.

 

  1. Effect of Early Versus Late Tracheostomy or Prolonged Intubation in Critically Ill Patients with Acute Brain Injury: A Systematic Review and Meta-Analysis.

McCredie et al. Neurocrit Care. 2017 Feb;26(1):14-25. doi: 10.1007/s12028-016-0297-z. Voir l’abstract.

Revue systématique incluant 10 essais (503 patients). La trachéotomie précoce réduit la mortalité à long terme (RR=0.57, 95% CI=0.36 – 0.90, p=0.02 ; n=135). La trachéotomie précoce permet de réduire la durée de ventilation mécanique (différence moyenne=-2.72 jours, 95 % CI=-1.29 – -4.15, p = 0.0002; n = 412) et la durée de séjour aux soins intensifs (différence moyenne = -2.55 jours, 95 % CI = -0.50 – -4.59; p = 0.01; n = 326). Toutefois, la mortalité à court terme n’est pas réduite.

 

Travail réalisé pour la SKR par Mathieu Delorme (mathieu.delorme.pt@gmail.com) et Emilie Bialais (emilie.bialais@uclouvain.be).

Les auteurs ont réalisé ce travail en se basant sur le contenu original des articles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *