Fiche de lecture sur l’extubation: aspiration vs pression positive.

Titre : Tracheal extubation with suction vs. positive pressure during emergence from general anaesthesia in adults: A randomised controlled trial.

Auteurs : L’Hermite J, Wira O, Castelli C, de La Coussaye JE, Ripart J, Cuvillon P

Revue : Anaesth Crit Care Pain Med

Année de publication : 2018

DOI : 10.1016/j.accpm.2017.07.005

Lien : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=10.1016%2Fj.accpm.2017.07.005


BACKGROUND: After general anaesthesia (GA) in adults, the optimal tracheal extubation technique (positive pressure or suctioning) remains debated. The primary endpoint of this study was to assess the effects of these techniques on onset time of desaturation (SpO2<92%).

METHODS: Sixty-nine patients with a body mass index<30 scheduled for elective orthopaedic surgery were allocated to positive pressure (PP) or suctioning (SUC) group. GA was standardised with propofol and remifentanil via target-controlled infusion. A morphine bolus of 0.15mg/kg was administered 20-30mins before the end of surgery. The effect of extubation technique on onset time of desaturation (T92) was assessed during the first 10mins after extubation during the spontaneous air breathing. Secondary endpoints included: frequency of desaturation, respiratory complications, need to use oxygen therapy and SpO2 at the end of the first hour while breathing in air.

RESULTS: Baseline patient characteristics and intraoperative management data for the 68 patients included had no relevant clinical difference between groups. T92 (sec) after tracheal extubation was 214 (168) vs. 248 (148) in the PP and SUC groups, respectively (P=0.44). In the PP and SUC groups, 50 and 43% reached a SpO2<92% within the first 10mins after extubation respectively (P=0.73). There were no statistically significant differences between groups for any secondary endpoints.

CONCLUSIONS: Positive pressure extubation as compared with suctioning extubation did not seem to delay onset time of desaturation after GA in standard weight adult patients.


Rationnel : La manière dont doit être réalisée l’extubation est souvent sujette à débat entre les partisans de l’extubation avec aspiration, et ceux avec pression positive et sans aspiration. Ces derniers reprochant à l’aspiration de dérecruter les poumons du patient avec risque de désaturation.

Intervention : Dans cette étude, L’Hermite a comparé 68 patients : 33 extubés en pression positive et sans aspiration contre 35 extubés avec aspiration. Les patients étaient extubés en salle de réveil, après avoir étaient pré-oxygénés avec 100% de FiO2. Le critère de jugement principal était le délai de désaturation (SpO2<92%). Dans les deux groupes, ce délai était identique (214’’ vs 248’’, p=0.44). De plus, à une heure, la SpO2 des patients était la même (95% vs 95%, p=0.92). Enfin, dans le groupe pression positive, les données montrent une tendance à avoir plus de complications respiratoires, notamment de difficultés à la toux (21% vs 3%, p=0.17).

Apports : L’aspiration lors de l’extubation ne favorise pas la désaturation des patients. En revanche, il semble exister un risque pour les patients à ne pas être aspirer, notamment de mauvaise évacuation des sécrétions et donc de majoration du travail respiratoire. Il faut donc se poser la question de la balance bénéfice-risque du geste pour le patient et ne pas vouloir être systématique.

Limites et biais : Cette étude a été réalisée sur des patients de moins de 65 ans, admis pour chirurgie programmée, avec un IMC inferieur à 30kg/m2, et sans antécédent respiratoire, soit bien loin des patients habituellement extubés en réanimation. La question des patients avec œdèmes laryngés, lésions ORL ou hypoxémie pré-extubation n’a pas non plus été évoquée. Il faut donc rester pragmatique et évaluer chaque patient au cas par cas, avec notamment une stratégie post-extubation (ventilation non invasive, haut débit nasal).

Sur le même sujet : Andreu et al. Respir Care 2019, DOI: 10.4187/respcare.06541