Fiche de lecture: dysphagie en réanimation.

Titre : Dysphagia in intensive care unit : epidemiology, mechanisms , and clinical management.

Auteurs : Zuercher P, Moret C, Dziewas R. and Schefold J.

Revue : Critical Care

Année de publication : 2019

DOI : 10.1186/s13054-019-2400-2
Lien : https://doi.org/10.1186/s13054-019-2400-2


BACKGROUND: Dysphagia including post-extubation dysphagia (PED) is a concern in hospitalized patients on intensive care units (ICUs). Earlier studies, which were mostly limited by study design, patient selection, and/or limited patient numbers, reported conflicting and inconsistent results regarding the incidence of post-extubation dysphagia. We embarked to update respective available data in the context of dysphagia epidemiology, potential mechanism leading to dysphagia, screening approaches, and current and future treatment modalities.

METHODS: A systematic online literature search in PubMed was performed using Boolean logic combining. 123 articles were included.

RESULTS: An exhaustive description of the dysphagia epidemiology, potential mechanism leading to dysphagia, screening approaches, and current and future treatment modalities

CONCLUSIONS: In the light of the fact that the clinical consequences of ICU-acquired dysphagia (e.g., aspiration-induced pneumonitis/ pneumonia) can often be observed on ICUs, more data on underlying mechanisms and/or risk factors seems required. PED as a key subgroup affects a considerable number of critically ill patients and often persists far beyond ICU discharge. Awareness for dysphagia on the ICU should be increased, and systematic screening protocols should be established. Furthermore, dysphagia on the ICU appears an overlooked health care problem and studies on novel therapeutic interventions seem warranted.


Résumé : L’incidence de la dysphagie en réanimation, y compris la dysphagie post extubation (DPE), est un sujet régulièrement abordé mais peu connu. En effet, son incidence varie grandement allant de 3 à 62 % suivant les études. Cette revue de la littérature met en lumière les dernières données concernant le contexte de la dysphagie, l’épidémiologie, les mécanismes, les dépistages et les modalités de traitement courantes et futures.

La déglutition est un phénomène complexe impliquant de nombreuses structures : neurologiques (centrales et périphériques) ainsi que musculaires (plus de 50 muscles en jeu). La DPE est quand à elle le résultat de mécanismes multifactoriels souvent mal compris (intubation prolongée, neuromyopathie de réanimation, etc.).

Dans plus de 60 à 80% des cas, les patients restent dysphagiques à l’hôpital même une fois sortis de réanimation. Cette DPE a également un impact sur la morbidité et la mortalité (surmortalité de 9.2% à J+90).
Elle n’est pas systématiquement dépistée en routine et un examen au lit du patient devrait être implanté dans les unités de soins critiques. En effet ces techniques d’évaluation instrumentales ou non instrumentales existent (fibroscopie, vidéofluoroscopie, tests cliniques type GUSS ou V-VST).

Une fois identifiées, des mesures de rééducation devraient être initiées. On peut noter trois axes de traitements :
– Modification des textures diététiques ;
– Changements de postures et manœuvres de compensations ;
– Interventions visant à améliorer la déglutition (NMES par exemple).
Des nouvelles thérapies utilisant des approches afférentes périphériques et/ou des stimulations efférentes centrales pourraient également être intéressantes.

Malheureusement, la littérature sur le sujet est encore incomplète et peu robuste quant aux méthodes d’évaluations et solutions proposées.

Néanmoins, cette prise en charge se doit d’être interdisciplinaire et faire intervenir kinésithérapeutes, orthophonistes, diététiciens, infirmiers et aides-soignants pour une prise en charge globale.

Sur le même sujet : Houzé. Méd. Intensive Réa 2017, DOI : 10.1007/s13546-017-1277-9