“Lu pour vous” du mois de Mars

Dans cette rubrique, les adhérents retrouvent chaque mois une sélection d’articles parus fraîchement ainsi qu’un article à la “une” détaillé et commenté rien que pour vous !

Voici le “lu pour vous” du mois de mars.

 entêtebest

POUR ACCÉDER A LA LECTURE DÉTAILLÉE DE CET ARTICLE C’EST ICI

(Contenu uniquement accessible par les membres de la SKR. Pour obtenir la lecture détaillée, devenez membre !)

 

 

Nous vous proposons  également une sélection des meilleurs articles du mois :

1.Comparison Between Neurally Adjusted Ventilatory Assist and Pressure Support Ventilation Levels in Terms of Respiratory Effort.

Carteaux et al. Crit Care Med 2016; 44:503–511.  Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une étude physiologique menée auprès de 10 patients de réanimation, ventilés dans le cadre d’une insuffisance respiratoire aiguë. Les auteurs comparent l’effort respiratoire sous différents niveaux d’assistance en NAVA et en VSAI. La diminution de la charge de travail des muscles respiratoires était similaire entre des niveaux de 0,5 à 2,5 cmH2O/µvolt en NAVA à celle observée entre 7 et 25 cmH2O en VSAI (respectivement de 46 à 80% en NAVA et de 33 à 82% en aide). Dans ce groupe de patients, l’utilisation de la NAVA entraînait moins d’efforts inefficaces, mais plus de doubles-déclenchements que la VSAI.

 

2.Noninvasive Ventilation Intolerance: Characteristics, Predictors, and Outcomes.

Jinhua et al. Respir Care 2016;61(3):277–284. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une étude prospective observationnelle menée auprès de 961 patients chez qui de la VNI était prescrite dans le cadre d’une insuffisance respiratoire aiguë. 5,2% (n=50) des sujets inclus ne toléraient pas le traitement. L’intolérance à la VNI était indépendamment associée à un âge plus jeune, et à des fréquences respiratoires et cardiaques plus élevées au moment de l’initiation du traitement. Le taux d’intubation (44 vs 25,8%) et de décès (34 vs 22,4%) était plus important chez les patients ne tolérant pas la VNI. Les plaintes les plus fréquemment rapportées étaient une aggravation de la détresse respiratoire, une augmentation de la dyspnée et des débits ou pressions trop difficiles à supporter.

 

3.Dysfunction of respiratory muscles in critically ill patients on the intensive care unit. (Article en libre accès !)

Berger et al. J Cachexia Sarcopenia Muscle. 2016 Mar 9. doi: 10.1002/jcsm.12108. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une revue de littérature dans laquelle les auteurs présentent les données actuelles concernant les mécanismes pathophysiologiques impliqués dans la neuro-myopathie de réanimation et la dysfonction diaphragmatique liée à la ventilation mécanique. Les principales modifications observées sont une atrophie de sous-utilisation, associée à des changements microstructurels incluant une diminution de la synthèse protéique, une augmentation de la protéolyse, ainsi qu’un stress oxydatif possiblement lié à une dysfonction mitochondriale.

 

4.Effect of Noninvasive Ventilation on Tracheal Reintubation Among Patients With Hypoxemic respiratory Failure Following Abdominal Surgery. A Randomized Clinical Trial.

Jaber et al. JAMA. 2016 Apr 5;315(13):1345-53. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé mené auprès de 293 patients opérés d’une chirurgie abdominale et ayant développé dans les 7 jours postopératoires une détresse respiratoire aiguë hypoxémique. Les patients étaient randomisés en deux groupes : oxygénothérapie conventionnelle ou VNI. Le taux de réintubation dans la semaine suivant l’inclusion était significativement plus élevé dans le groupe oxygénothérapie que dans le groupe VNI (respectivement 45% et 33%). Le nombre de jours sous ventilation mécanique durant le premier mois et l’incidence des infections nosocomiales étaient significativement moins élevés dans le groupe VNI que dans le groupe oxygénothérapie. La mortalité dans le groupe VNI était de 14,9% contre 21,5% dans le groupe oxygénothérapie (non significatif).

 

5.Prolonged controlled mechanical ventilation in humans triggers myofibrillar contractile dysfunction and myofilament protein loss in the diaphragm.

Hussain et al. Thorax. 2016 Mar 31. pii: thoraxjnl-2015-207559. doi: 10.1136/thoraxjnl-2015-207559. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une étude physiologique visant à déterminer l’impact de la ventilation mécanique prolongée sur la contractilité des myofibrilles diaphragmatiques. Des biopsies ont été réalisées chez 12 sujets en état de mort cérébrale ventilés depuis plus de 12 heures et comparées à un groupe contrôle de 13 sujets opérés d’une chirurgie cardiaque et ventilés durant moins de 4 heures. La ventilation mécanique prolongée entraîne une diminution significative de la force musculaire active et passive générée par les myofibrilles diaphragmatiques. Cette diminution est causée en partie par une altération des propriétés dynamiques des chaînes de myosine et une réduction des niveaux de protéines myofibrillaires.

 

6.Use of highflow nasal cannula oxygenation in ICU adults: a narrative review.

Papazian et al. Intensive Care Med. 2016 Mar 11. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une revue de littérature concernant l’utilisation de l’oxygénothérapie à haut débit nasal. L’oxygénothérapie conventionnelle peut entraîner un certain inconfort et des résultats cliniques sous-optimaux, notamment à cause d’une FiO2 limitée et d’un conditionnement inadéquat des gaz inspirés en termes de température et d’humidification. L’oxygénothérapie à haut débit nasal délivre des débits jusqu’à 60 l/min et son efficacité clinique a été largement évaluée au cours de ces 10 dernières années, en particulier concernant l’amélioration des symptômes de détresse respiratoire, le recours à l’intubation, ou la mortalité. L’objectif principal de cette revue est d’orienter les cliniciens vers une pratique basée sur les preuves dans le cadre de l’utilisation de cette thérapie.

 

7.Nasal high flow oxygen therapy in patients with COPD reduces respiratory rate and tissue carbon dioxide while increasing tidal and end-expiratory lung volumes: a randomised crossover trial.

Fraser et al. Thorax. 2016 Mar 25. pii: thoraxjnl-2015-207962. doi: 10.1136/thoraxjnl-2015-207962. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé en cross-over mené auprès de 30 patients atteints de BPCO et bénéficiant d’une oxygénothérapie au long court à bas débit (2-4 l/min). Les patients étaient évalués pendant des périodes de 20 minutes chacunes, randomisées, sous oxygénothérapie conventionnelle et sous oxygénothérapie à haut débit (30 l/min). La TcCO2, le rapport I:E et la fréquence respiratoire étaient significativement diminués au cours du haut débit nasal. Le volume courant et le volume pulmonaire télé-expiratoire étaient significativement augmentés. Ces données physiologiques permettent d’expliquer en partie les bénéfices cliniques observés lors d’une utilisation au long court du haut débit nasal dans cette population.

 

8.Respiratory muscle strength is not decreased in patients undergoing cardiac surgery. (Article en libre accès !)

Urell et al. J Cardiothorac Surg. 2016 Mar 31;11(1):41. doi: 10.1186/s13019-016-0433-z. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une étude observationnelle menée auprès de 36 patients opérés d’une chirurgie cardiaque. L’altération de la fonction respiratoire est fréquente après chirurgie cardiaque et la diminution de la force des muscles respiratoires pourrait en partie expliquer ce phénomène. Dans cette étude, la force des muscles respiratoires mesurée avant et deux mois après l’intervention chirurgicale n’était pas significativement modifiée. Les interventions visant à améliorer la fonction respiratoire après chirurgie cardiaque doivent donc s’orienter vers d’autres objectifs que celui d’améliorer la force des muscles respiratoires.

 

9.Early Mobilization and Rehabilitation of the Critically Ill Patient.

Hashem et al. Chest. 2016 Mar 17. pii: S0012-3692(16)41641-7. doi: 10.1016/j.chest.2016.03.003. Voir l’abstract.

 

Il s’agit d’une revue d’une littérature dont les objectifs sont de décrire les facteurs de risque de dysfonction neuro-musculaire et d’altération de la mobilité associées à la réanimation, de mettre en évidence le rôle de la mobilisation et de la réhabilitation précoce dans l’amélioration du devenir des patients, et de proposer des stratégies permettant de contourner les barrières potentielles à la mise en place d’une réhabilitation précoce en réanimation.

 


Pour la SKR : réalisé par mathieu.delorme.pt@gmail.com et emilie.bialais@uclouvain.be

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *