C’est avec plaisir et un peu de retard que nous lançons le “lu pour vous” de la Société de Kinésithérapie de Réanimation (SKR). Dans cette rubrique, les adhérents retrouverons chaque mois une sélection d’articles parus fraîchement ainsi qu’un article à la “une” détaillé et commenté rien que pour vous !

Article à la une ce mois-ci : Capture d’écran 2016-04-10 à 19.42.16

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Notre sélection du mois :

1. Aerosol therapy in intensive and intermediate care units: prospective observation of 2808 critically ill patients.

Ehrmann et al. Intensive Care Med. 2016 Feb;42(2):192-201. Voir l’abstract.

Il s’agit d’une étude transversale de 2 semaines pour évaluer la prévalence de l’aérosolthérapie dans 81 unités de soins intensifs intermédiaires, dans 22 pays. Tous les aérosols délivrés aux patients ventilant spontanément ou sous ventilation mécanique, invasive ou non, ont été enregistrés et les médicaments, les dispositifs de nébulisation, les réglages de la ventilation ainsi que les circuits, l’humidification et les effets secondaires ont été notés.

L’aérosolthérapie concerne un quart des patients de soins intensifs et un cinquième des patients ventilés.

2. High flow nasal cannula for respiratory support in preterm infants.

Wilkinson et al. Cochrane Database Syst Rev. 2016 Feb 22;2:CD006405. Voir l’abstract

Il s’agit d’une revue Cochrane comparant la sécurité et l’efficacité de la thérapie nasale à haut débit (TNHD) par rapport à d’autres formes d’assistance respiratoire non invasive chez les nourrissons prématurés. Les essais randomisés ou quasi-randomisés comparant HFNC à d’autres formes non-invasives d’assistance respiratoire chez les nourrissons prématurés, immédiatement après la naissance ou après extubation, ont été sélectionnés.

La thérapie nasale par haut débit a une efficacité similaire aux autres formes d’assistance respiratoire non invasive chez les nourrissons prématurés pour prévenir l’échec du traitement, la mort et le pathologie pulmonaire chronique. Après l’extubation, la TNHD est associée à moins de traumatismes nasaux et peut être associée à moins de pneumothorax par rapport à la CPAP nasale. De plus amples données sont nécessaires pour évaluer la sécurité et l’efficacité de la TNHD dans les sous-groupes des très grands, à modérés, prématurés, ainsi que pour comparer différents dispositifs de HFNC.

3. Early rehabilitation for severe acquired brain injury in intensive care unit: multicenter observational study.

Bartolo et al. Eur J Phys Rehabil Med. 2016 Feb;52(1):90-100. Voir l’abstract.

Il s’agit d’une étude prospective, observationnelle, multicentrique pour collecter les données cliniques et fonctionnelles de la prise en charge de réhabilitation précoce chez les patients traumatisés crâniens sévères pendant leur séjour en réanimation. Les patients ont été évalués à l’admission puis tous les 3  à 5 jours. L’étude souligne la nécessité de diffuser et de mettre en œuvre une culture de réhabilitation précoce chez ces patients traumatisés crâniens en phase critique.

4. Telemedicine Versus Face-to-Face Evaluations by Respiratory Therapists of Mechanically Ventilated Neonates and Children: A Pilot Study.

Bell et al. Respir Care. 2016 Feb;61(2):149-54. Voir l’abstract.

Le but de cette étude est de déterminer dans quelle mesure les évaluations respiratoires des nouveau-nés et des enfants ventilés sont corrélées lorsqu’elles sont effectuées simultanément par 2 thérapeutes respiratoires (RTs) face à face et par télémédecine.

Cette étude pilote porte sur 40 évaluations, par 16 RTs différents, sur 11 sujets (5 unités de soins intensifs de néonatologie ; 6 soins intensifs pédiatriques). Les formulaires ont été complété anonymement à l’admission par 2 RTs différents évaluant simultanément 14 variables de ventilation mécanique et respiratoires du patient. Celles-ci ont été utilisées pour déterminer les corrélations.

La télémédecine semble acceptable pour les RTs. L’évaluation par télémédecine est fortement corrélée avec les évaluations « face-à-face » pour 10 des 14 aspects de l’évaluation respiratoire. Une faible corrélation a été relevée pour les paramètres plus complexes, dépendant du patient, soulignant l’importance d’une enquête plus approfondie.

5. Is fear for postoperative cardiopulmonary complications after bariatric surgery in patients with obstructive sleep apnea justified? A systematic review.

de Raaff et al. Am J Surg. 2016 Apr;211(4):793-801. Voir l’abstract.

Le but de cette étude est d’évaluer l’influence des apnées obstructives du sommeil (OSA) sur les complications cardio-pulmonaires postopératoires chez les patients après une chirurgie bariatrique.

Treize études ont été incluses (n = 98935).

Dans l’ensemble, Les données ne montrent aucune association claire entre OSA et morbidité cardio-pulmonaire, admissions aux soins intensifs, mortalité et durée du séjour après la chirurgie bariatrique. Bien que cela remette en question la justification de l’admission postopératoire aux soins intensifs, des patients souffrant d’OSA, des études futures sont nécessaires pour investiguer l’effet du suivi des stratégies et l’optimisation des traitements, y compris l’utilisation de pression positive continue.

6. Factors Associated with Functional Recovery Among Older ICU Survivors.

Ferrante et al. Am J Respir Crit Care Med. 2016 Feb 3.  Voir l’abstract.

Il s’agit d’une étude prospective, observationnelle, multicentrique visant à identifier les facteurs associés au devenir fonctionnel chez les patients âgés (70 ans et plus) admis en réanimation. 52,3% des patients inclus dans cette étude ont récupéré dans les 6 mois suivant l’hospitalisation un statut fonctionnel équivalent à leur état stable avant admission. Une altération de la vision ou de l’audition avant admission en réanimation étaient fortement associées à un pronostic péjoratif de récupération fonctionnelle à 6 mois. Un IMC élevé et l’autonomie fonctionnelle avant l’admission étaient associés à une meilleure récupération.

7. Patient participation in pulmonary interventions to reduce postoperative pulmonary complications following cardiac surgery.

McTier et al. Aust Crit Care. 2016 Feb;29(1):35-40. Voir l’abstract.

Il s’agit d’une étude de cohorte menée auprès de patients opérés d’une chirurgie cardiaque évaluant l’implication des patients dans la réalisation d’exercices respiratoires et de toux protégée en période postopératoire. La compréhension par le patient des techniques, de l’importance de celles-ci pour prévenir les complications postopératoires et de l’importance d’une bonne gestion de la douleur pour les réaliser étaient évaluées avant et après la période d’hospitalisation. Cette étude permet d’identifier des axes d’amélioration quant au rôle facilitateur des infirmiers dans l’information et l’éducation des patients en période postopératoire.

8. A Bedside Decision Tree for Use of Saline With Endotracheal Tube Suctioning in Children.

Owen et al. Crit Care Nurse. 2016 Feb;36(1):e1-e10. Voir l’abstract.

Il s’agit d’une étude prospective ayant pour objectif d’évaluer l’association entre l’instillation de sérum physiologique lors des aspirations endotrachéales et la survenue d’évènements indésirables chez des enfants de moins de 18 ans sous ventilation mécanique invasive. L’instillation de sérum physiologique, le diamètre de la sonde d’intubation (≤ 4 mm) et les comorbidités respiratoires sont indépendamment associés à une augmentation du risque d’évènements indésirables (instabilité hémodynamique, bronchospasme, hypoxémie transitoire).

9. Daytime Versus Nighttime Extubations: A Comparison of Reintubation, Length of Stay, and Mortality.

Tischenkel et al. J Intensive Care Med. 2016 Feb;31(2):118-26. Voir l’abstract.

Il s’agit d’une étude rétrospective visant à évaluer si l’horaire d’extubation (jour ou nuit) est susceptible d’avoir une influence sur le taux de réintubation. Une extubation nocturne, dès qu’un patient rencontre les critères d’extubation, pourrait permettre de raccourcir la durée de ventilation mécanique que l’on sait délétère, alors qu’une extubation diurne permet en revanche d’assurer la présence d’un staff médical et paramédical plus important. Cette étude a été menée sur deux années auprès de 2240 patients. Les patients extubés la nuit (entre 19h et 7h) avaient un risque de réintubation, une durée de séjour hospitalier, et un taux de mortalité similaire aux patients extubés la journée.